Erreur de Qualification

En Mars dernier, M. Le Drian accusait les responsables Libanais de « non-assistance à pays en danger ».

La non-assistance à personne en danger est le fait de ne pas porter secours à une personne en situation de détresse; la détresse est le péril grave ou imminent qui menace la vie ou l’intégrité d’une personne. L’article 567 du code pénal libanais prévoit une peine d’un mois à un an de prison à ceux qui seront reconnus coupables de ce délit.

Dans l’inconscient collectif, on assimile cette situation à l’accidenté de la route pour qui on ne s’arrête pas ou à qui on n’apporte pas une aide.

Dans l’exemple précité, les responsables politiques au Liban sont la cause de l’accident: ils n’ont pas aménagé la route ni en panneaux de signalisation ou en éclairage, l’asphalte est quasi-inexistante et parsemée de nids-de-poule. De plus, ils ont tellement appauvri l’automobiliste qu’il ne peut plus se permettre d’effectuer une maintenance régulière de son véhicule; et enfin, soit l’ambulance ne peut même plus acheminer le blessé faute de carburant, soit les urgentistes n’ont plus les médicaments basiques pour lui prodiguer les premiers soins .

Face à ce malheureux accidenté dont le sang se répand au sol, l’Etat demeure inerte, admirant avec froideur le résultat de ses actes.

Car oui, il s’agit d’actes et non d’une abstention (de porter secours). Des actes délibérés, des omissions volontaires, dont le but est l’appauvrissement et l’asservissement de tout un peuple.

L’erreur de M. Le Drian est donc la qualification juridique de l’attitude des responsables Libanais. Il ne s’agit plus du délit de « non-assistance », mais bien d’un homicide et plus généralement d’un génocide.

Les responsables, sont tous ceux qui à un moment donné de leurs carrières politiques, occupaient des postes à responsabilité clefs, et ont sciemment oeuvré pour les intérêts de puissances régionales et/ou pour leurs propres intérêts, la cupidité n’étant pas incompatible avec la trahison. Idem pour ceux qui, ayant obtenu un poste en récompense à leur allégeance sans faille à une politique de destruction des institutions du pays, ont opté pour la politique de l’autruche voire pour une hibernation de longue durée. L’absence d’initiatives devient alors un acte de sabordage délibéré donc un crime prémédité!

Cependant, s’il est certain que les politiques locaux sont responsables de la misère de leurs concitoyens, j’aimerais souligner à M. Le Drian que le silence et l’inertie de la communauté internationale, qui reste les bras croisés face à notre effondrement politique, économique et social, qui est témoin de la déliquescence de l’Etat Libanais, s’est rendue elle aussi coupable ou du moins complice du délit de non-assistance à pays en danger.

Depuis le 24 Octobre 1945, le Liban est membre de l’ONU; il serait bon que cette organisation se penche et s’épanche sur nos problèmes, et de prouver -pour une fois- que le Général De Gaulle avait tort de la traiter de « machin ».

Antonio Cerruti

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