Élections et démissions ? Soyons sérieux… Issal Saleh

De nombreux souverainistes réclament soit la démission de Michel Aoun, soit la démission de Mikati, soit la démission des deux.
Et certains se paient même le luxe politique d’affirmer que si nous ne réclamons pas, en symbiose patriotique avec eux, la démission de Aoun, alors nous sommes responsables du chaos occasionné par la dhimmitude aouniste au Hezbollah et que cela signifie aussi que nous ne voulons pas sortir de l’hégémonie iranienne sur le Liban.
Nous serions des « traîtres patriotiques ».

Et pour sophistiquer le puzzle politique de la contestation patriotique, certains de ceux qui réclament la démission de tous, parlent d’élections comme si, une fois démissionnés, il pouvait encore y avoir des élections.
Un peu de sérieux.

Le Hezb-allah qui a imposé Aoun au bout de deux années de blocage anti-constitutionnel et qui a imposé tous les gouvernements depuis 2016 (et même avant), et qui d’autre part est en train de bloquer le gouvernement Mikati qu’il a lui-même imposé après une année de tergiversations calculée avec Hariri, ce Hezb-allah est capable d’imposer Bassil comme successeur de Aoun à la Présidence.
Même si Bassil est rejeté par la communauté internationale et marqué au fer de la corruption, et même si l’on trouve des alibis anti-constitutionnels du style (2/3 des députés doivent voter, ou autre article quelconque….), cela ne gêne en rien l’élection de Bassil car rien n’a été fait dans les règles constitutionnelles depuis des années et la mascarade autour de la Justice qui se fait actuellement en est la preuve.

La Constitution pour le Hezb-Allah, ce sont ses miliciens.
La Constitution pour les Aounistes c’est leur alliance avec la milice.

D’autre part toutes les initiatives politiques du Hezb-allah ont toujours en filigrane l’isolement du Liban de la légalité internationale pour y faire régner la légalité des Pasdarans.
Donc ne pas appeler à la démission de Aoun alors qu’il est en fin de parcours n’est pas une preuve d’immaturité politique mais exactement le contraire : Nous ne voulons pas courir le risque d’obtenir Bassil en cadeau de fin de règne de Aoun pour six années supplémentaires.

Nasr-allah le ferait élire sans état d’âme.
Et ceux qui ne seraient pas contents, seront envoyés avec un billet simple rendre visite à Lokman Slim.

Demander la démission du gouvernement Mikati (C’est ce que fait le Hezbollah en fin de compte car le blocage est une démission déguisée), c’est jouer le rôle de la milice iranienne.

D’autre part, beaucoup s’accordent à dire que le Huit-Mars voudrait pouvoir annuler les élections parlementaires.
Alors que ces génies de la politique m’expliquent pourquoi est-ce que l’on lui faciliterait la tâche en demandant une démission du président et du gouvernement !

Supposons que l’on y arrive, à faire démissionner et Aoun et Mikati : (ce qui est impossible) : alors plus d’élections et la dynamique populaire développée durant ces deux dernières années verra son élan brisé par la remise à zéro des compteurs sans que l’on puisse avoir aucune chance d’inverser le processus.

D’autant plus que, refusant la résistance armée contre les milices du Huit-Mars, et prônant uniquement la voie pacifique constitutionnelle, comment peut-on nous-mêmes tout faire pour éliminer les élections parlementaires ?

Mettons toute notre énergie dans les élections et on aura alors une vision pour poursuivre notre lutte.
Car nous avons une arme indestructible qui s’appelle le PEUPLE.

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