Les deux Libans. Jawad Pakradouni

« Nous sommes avec un Liban indépendant et fort, et le Liban a acquis sa réputation grâce à la résistance et à ses victoires. C’est ce Liban que nous voulons, et ceux qui n’en veulent pas n’ont qu’à trouver une autre solution. Vous ne ressemblez pas au Liban, nous sommes ceux qui lui ressemblent. »

Ces mots émanent d’un religieux, accessoirement le vice-secrétaire général du parti divin, Cheikh Naim Qassem.

Une étude du texte s’impose :

Sur la forme, il s’adresse à moi, ou du moins à ceux qui ne lui ressemblent pas, donc tout ce qui n’est pas affilié à son parti. C’est ballot, d’avoir orienté le discours dans ce sens-ci, étant donné et à supposer que je sois décérébré et que je soumette une demande d’adhésion au parti, je serais refoulé d’office, en raison de ma religion.

Quant au fond, il suffit de regarder leur télévision pour avoir un aperçu de leur Liban : les concerts de Baalbek, les évènements culturels et artistiques sont évidemment des hérésies qui sont définitivement interdites ; d’ailleurs lorsqu’en 2020 et 2021, toutes les chaines retransmettaient le festival de Baalbek, la leur nous narrer les exploits de Qassem Souleimani et Imad Moghnieh.

Il a raison de déclarer que le pays a acquis sa réputation grâce à eux ; en effet, le Liban est désormais connu comme étant le réservoir des lobotomisés prêts à mourir pour un pays qui n’est pas le leur (ils n’ont même pas le statut de mercenaires vu qu’ils le font gratuitement).

Ils ont aussi placé le pays comme le fournisseur officiel et quasi-exclusif de capatgon. Il ne fait donc aucun doute, grâce à eux, le pays a acquis ces notoriétés (choukran le hezb).

Une chose est certaine, Naim Qassem devra revoir ses classiques (Goebbels et Souslov) en matière de propagande : acquiescer qu’ils sont ceux qui ressemblent au Liban d’aujourd’hui, revient à dire qu’ils sont la pauvreté, la misère, la désolation, l’injustice et la mort. Le fait est que le pays glisse vers Mogadishu et Kandahar, et ressemble donc à tout ce qui affère au parti d’Allah (pour eux Dieu n’existe pas mais Allah oui).

Il est indéniable que je ne veux pas ressembler à ce Liban-là, devenu une potentielle 32ème province perse, et qui n’est pas le pays de Gebran Khalil Gebran, lequel a eu de la chance de mourir en 1931, faute de quoi l’inquisiteur Qassem l’aurait brulé en même temps que son livre.

Le susnommé a posé le problème : il est impossible (autant pour les partisans du Hezb que pour nous) de cohabiter, dans la mesure où nos valeurs et identités sont foncièrement et radicalement différentes que les leurs. S’il en est arrivé à nous poser cette forme de chantage, c’est parce que nous lui avons laissé (dans le passé) le loisir d’étendre ses tentacules à travers tout le pays.

Le Liban ne ressemblera jamais au parti d’Allah !

Le Liban ne sera jamais la 32ème province perse !

C’est à vous de dégager, et de rejoindre votre mère patrie iranienne!

Je suis Libanais, je prie à la mosquée, à l’église ou à la synagogue. Je fais le jeûne chrétien, musulman ou juif.

Personne ne m’empêchera d’être ce que je suis et de vivre ma vie dans ces 10.452 km2.

Nous avons joué – de manière inconsciente, par couardise ou intérêt – au Comte d’Anterroches, « Messieurs les Anglais tirez les premiers ». Ils ont fait plus que tirer : ils ont assassiné et explosé le pays.

C’est à nous que revient aujourd’hui le tour de lancer notre première salve, malgré les énormes pertes que nous avions subies.

Pour les sceptiques ou les neutres, prière de noter qu’à Fontenoy, ce sont les Français qui ont quand même gagné….

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