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Soyons plus royalistes que le roi.Issal Saleh


Lorsque certains parlent de fédéralisme dans le but légitime de lancer une tentative audacieuse et désespérée pour sortir de l’écrasante étreinte des milices du Hezb@llah et d’Amal, H. Nasr@llah les accuse de vouloir la partition du Liban alors qu’il a déjà établi de fait cette partition, patiemment et méthodiquement, depuis le début des assassinats contre les premiers résistants à Israël issus du Mouvement dit National dans les années 83-87, puis jusqu’à celui de Lokman Slim, en passant par celui de tous ceux éliminés pour la cause iranienne de l’établissement d’une république islamique chiite du Liban au sein du nouvel ensemble formé par la république islamique iranienne « élargie ».

Cette minutieuse toile géographique a été tissée par l’araignée khomeiniste et comprend désormais le Sud-Liban de la frontière israélienne jusqu’à la banlieue Sud de Beyrouth et une partie de la Beqaa, toutes ces zones étant désormais non seulement sous le contrôle milicien du Hezb@llah et sous son administration directe mais aussi pratiquement interdites à ce qui reste de l’Etat libanais.

La partition est déjà réalisée mais nous n’avons pas le droit de parler de fédéralisme.
La milice de Nasr@allah est aujourd’hui capable d’armer ses fusées de têtes intelligentes et de produire et même exporter des drones made in Lebanon au même titre que le Captagon.
Son armée de « cent mille soldats de dieu » serait devenue plus puissante que l’armée libanaise et Nasr@allah nous menace de « Je vous tuerai, je vous tuerai, je vous tuerai » si nous faisons allusion à ses armes illégales.

Plus rien n’est illégal dans son esprit puisque la Légalité c’est Lui. L’Etat c’est Lui. L’Armée c’est Lui. La Guerre et la Paix, c’est Lui. La Banque c’est Lui. Le Gouvernement c’est Lui. Le Parlement c’est Lui. La Justice c’est Lui.
Les Frontières c’est lui.

Le peuple libanais est désormais une propriété de Hassan Nasr@allah. Nous sommes soumis à tous ses désirs comme Lui-même est soumis à ceux de Wilayet El Fakih.
Le discours des dirigeants du Hezb@llah devient de plus en plus autoritaire, arrogant, violent, insultant, méprisant.
On ne nous demande pas notre avis. On nous donne l’ordre de faire selon sa vision du Liban.
Sa vision est indiscutable tout comme l’interprétation des versets islamiques. Khamenei a parlé. Nasr@allah a parlé. Dieu a parlé.
Les derniers bastions de la Justice, de l’Armée, des FSI et de la Banque centrale sont sous attaque permanente jusqu’à ce que soumission totale et définitive au Hezb@llah s’en suit.
Michel Aoun, Gebran Bassile et Ghada Aoun travaillent d’arrache-pied pour ce faire.
Nasr@allah veut faire en sorte que notre existence, tout comme la sienne, soit entièrement vouée à celle de Wilayet El Fakih.

Aussi soyons plus royalistes que le roi.
Réclamons pour nous, les indépendantistes, les « neutralistes », les souverainistes …., non pas la partition ou la fédération, mais le déplacement des forces de la FINUL du Sud à une nouvelle frontière basée géographiquement sur le désir des habitants vivant à l’intérieur de ces frontières de ne pas vivre sous la domination milicienne du Hezb@llah.
La FINUL aurait pour objet, avec l’aide de l’Armée officielle, d’établir une zone de sécurité où toutes les armes seraient interdites, une zone où la vision d’un Liban moderne et démocratique puisse revivre et se développer.
C’est un peu le projet de partition dont parlent Walid Farès, Regina Kantara et de nombreux autres souverainistes au travers du Conseil fédérateur de la résistance et du Conseil mondial de la révolution des cèdres.

Que le Hezb@llah prenne en charge la garde de la frontière du Sud avec Israël puisque de toute manière c’est bien ce qui se passe sur le terrain lorsque les « civils » du Hezb@llah s’opposent aux forces de la FINUL pour imposer leurs tactiques locales.

Ainsi nous laisserons le roi Hassan mener son mini empire là où il veut le mener, et nous reconstruirons patiemment les régions où les milices sont interdites et ne font plus partie de la stratégie politique et économique.

Le « peuple chiite » devra décider de lui-même, en connaissance de cause, sans aucune contrainte dérangeante de notre part, si le royaume du Hezb@llah mérite qu’il lui donne ses centaines de milliers de voix aux élections futures.
De même pour ceux qui votent pour la soumission, les Aounistes et divers épiphénomènes politiques.

Puisque l’ennemi israélien s’est pratiquement désengagé de nos terres, nous demandons alors à l’Armée et à la FINUL de nous séparer et de nous protéger de l’ennemi iranien.
Après nous être libérés de la tutelle palestinienne, puis de la tutelle israélienne, puis de la tutelle syrienne, il ne nous reste plus qu’à nous libérer de la tutelle iranienne.
La FINUL aura aussi pour tâche de s’installer sur la frontière terrestre Nord pour nous protéger de l’ennemi syrien qui nous extorque environ 750 Km2 de nos droits maritimes sur le front nord et qui nous expédie ses groupes jihadistes ou ses voitures piégées lorsqu’il veut faire évoluer la situation au Liban en faveur de ses intérêts.

Puisque l’ONU se contente seulement d’envisager jusqu’à ce jour l’application de la 1559 et de ses autres résolutions mais évite de passer à l’exécution car elle ne veut pas se lancer dans une guerre contre le Hezb@llah (1559 sous Chapitre VII), alors laissons au Hezb@llah le droit de faire comme bon lui semble et user de ses armes dans les zones conquises par lui pour le compte de l’Iran et où la base de masse du Hezb@llah, qui a bien voulu le plébisciter, pourra s’adapter au mode de vie « résistant dans l’honneur », loin de la vie de concupiscence des régions « Open bar » qui horrifient Naïm Qassem, Fadlallah et Nabil Qaouk.
Ainsi nous n’appliquerons la 1559 que dans les régions démilitarisées libres sous la protection de l’Armée libanaise officielle.

Ne cherchons plus à désarmer le Hezb@llah car cela est impossible sans son consentement et que son consentement est impossible sans l’accord iranien et que ce dernier ne reconnaît l’existence d’aucun peuple de la région, peuples pour lesquels il s’est investi dans plus de trente années de guerres (depuis 1989), de « sacrifices financiers et militaires » et de rêves de conquête pour la création d’un nouvel empire iranien.

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