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Beaucoup de micro, pas assez de macro dans les discussions financières et économiques. Elie Hayek

Partons d’un principe de base: toute restructuration doit mener à une croissance économique, doit attirer des investissements et surtout doit créer des emplois.
Si les plans de restructuration proposés ne nous expliquent pas comment va-t-on créer des emplois et dans quels secteurs, ils sont inutiles ou sont des plans qui servent des intérêts personnels ou les intérêts d’un certain groupe, mais certainement pas l’intérêt public.

Avant de se lancer dans les discussions micro sur la politique monétaire et la politique fiscale, ou la restructuration des banques et le taux de change, il faut revenir sur les principes de base d’une économie et procéder par ordre.

La politique monétaire et la politique fiscale doivent servir les objectifs d’une politique économique générale ! Une politique économique qui consiste à définir d’abord un business model du pays.
C’est-à-dire, avant de définir un taux de change ou de décider de mettre plus d’impôts ou moins d’impôts sur tel ou tel secteur ou actif, il faut définir quels secteurs on veut développer, où a-t-on un avantage concurrentiel et quels secteurs sont plus aptes à créer plus d’emplois de grande qualité et plus de croissance.

Le “business model” du pays était basé essentiellement sur les services, nous étions l’hôpital du Moyen-Orient, sa plage, sa station de ski, son casino, sa banque, son université, sa galerie d’art, sa bibliothèque, son journal, sa musique etc …
Le secteur des services est celui qui crée le plus d’emplois de grande qualité, veut-on rester avec ce “business model” ou changer ?
Même si on veut s’orienter vers une économie agricole pas exemple, (secteur qui crée certainement des emplois de moindre qualité et où à mon avis le Liban n’a pas d’avantages concurrentiels vu la densité de la population au Liban et le caractère montagneux et difficile à exploiter mécaniquement de notre terre, sans parler du prix des terrains agricoles qui restent chers même par rapport à l’Europe.), il faut définir où va-t-on vendre nos produits agricoles sur quels marchés !
Celui qui vous parle de production agricole sans vous parler des débouchés fait des plans sur une comète.

D’où le lien avec la politique étrangère ! Nous ne pouvons pas produire des pommes si le but est de les exporter vers un pays avec lequel nous avons des relations diplomatiques exécrables!

Les choses doivent se passer dans l’ordre:

1- Définir une vision pour le pays et un business model, basé sur nos atouts et nos avantages concurrentiels, qui répond aux aspirations de notre communauté.

2-Orienter la politique étrangère et la politique générale de manière à être en phase avec les aspirations de notre peuple et le business model du pays.

3-Élaborer une politique économique qui se base sur le business model et la politique étrangère, qui favorise les secteurs économiques ciblés et la création d’emplois, et facilite l’échange avec nos partenaires économiques.

4-En découle une politique fiscale qui orientera les taxes vers les actifs et les secteurs qui ne produisent pas d’emplois ou de richesses et exemptera de taxes les secteurs que nous voulons développer, créateurs d’emplois et porteurs d’avenir.

5-En dernier vient la politique monétaire et bancaire qui doit avoir comme but principal de financer les secteurs cibles, et une politique de taux de change qui favorise les échanges et surtout inspire confiance.

Nous continuons à aborder le sujet complètement dans le mauvais ordre.

Avant de discuter des haircuts sur les dépôts il faut définir comment créer des emplois.

Avant de débattre sur quel produit on exporte, ou quels secteurs on veut développer, il faut définir les clients et les marchés cibles. Et si c’est un secteurs bancaire d’où vont venir les dépôts et les investisseurs !

Je maintiens ma position sur l’inutilité du capital control maintenant, et aussi sur l’inutilité des haircuts avant de redéfinir le business model du pays et expliquer aux gens comment va-t-on créer des emplois.

Le FMI ne demande pas ni de capital control ni de haircuts, il ne l’a pas demandé en Grèce ! Le FMI demande juste des réformes qui rendront l’état libanais solvable et permettront au FMI de récupérer son argent. Et l’état malheureusement au lieu de se restructurer et réduire ses déficits et au lieu de travailler pour améliorer la croissance et les rentrées fiscales, se base sur l’argent des dépositaires pour se constituer une solvabilité et répondre aux inquiétudes du FMI.

Beaucoup de discussions micro sans assez de macro, beaucoup de discussions sur les détails sans assez de recul.
« A force de s’épandre sur les détails on finit par rater l’essentiel »

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