Les caquets de l’accouchée

Il était temps. Après 13 mois de gestation interminables voici enfin les 24 canetons tant attendus . Ils sont tout mignons avec leur plumage vert jaune et orange. Un peu maigrichons pour l’instant mais on peut parier qu’ils seront bien nourris. C’est vrai que l’accouchement était douloureux ,au forceps et sans péridurale. Mais ils ont tenu bon et sont les plus forts. Indiscutablement.
Résumons :

Voici donc 24 canetons qui ont déjà réussi à nous faire rire toute la soirée. Pas facile par les temps qui courent. Les posts les plus drôles ont circulé sur les réseaux sociaux. Super créativité et un sens de l’humour à décoiffer Diab.

S’ajoute à la diversion l’espoir, même minime, qui fait vivre. Entre optimistes ( donnons-leur une chance ) et pessimistes ( en fait les réalistes) les échanges sont musclés et/ou comiques. Le temps de débattre de la question s’il faut ou pas accorder notre confiance à nos gentils canetons jaunes et oranges il se sera écoulé plusieurs jours ou semaines. Parce que nous allons être “busy busy” : 24 nouveaux casiers judiciaires bien remplis à méditer.

C’est toujours ça de gagné en ces temps d’inoccupation forcée.  Et c’est ce qu’il faut : engourdir le peuple, l’anesthésier durant les juteuses transactions à venir . Pourtant les bonnes nouvelles courent vite et on sait déjà que quelques-uns ont déjà quelques bons procès sur les bras. Mais aussi on ne va pas chicaner. Gendrillon a bien les sanctions internationales à ses trousses et ça ne l’empêche pas de faire le beau, le vilain petit canard.

Ils sont là pour rester longtemps à barboter dans nos marécages.
Quand on sait que les glandeurs précédents ont tenu 13 mois à engraisser dans un gouvernement démissionnaire….
Pendant ce temps le duo infernal ne pense qu’à nous livrer en toute légalité à la Syrie et à l’Iran.

Les miracles existent ,la saison de la chasse est ouverte.

En attendant ,et comme l’a dit quelqu’un, à part le ma3alik des journalistes , ils vont comme leurs prédécesseurs, crouler sous les tonnes de crachats , des hourras et des insultes.

Tant pis. Ils sont prévenus.

Sandra Khawam

Il est né le vain gouvernement.

La situation étant ce qu’elle est avec le rapport de force existant, notre résistance à la milice du Hezb consiste à poursuivre la réclamation des résolutions onusiennes, y compris sous chapitre VII ( comme le répète Toufic Hindi) dans un contexte occidental défavorable qui ferait bien de la région un second Afghanistan, dans la mesure où l’Occident obtiendrait quelques assurances stratégiques de l’Iran.
Ainsi notre meilleur allié est nous-mêmes, notre regroupement en une force cohérente, l’unification de nos slogans anti-miliciens et anti-Aounistes.
Comme aujourd’hui le peuple afghan a compris qu’il ne pouvait plus compter que sur lui-même, nous devons comprendre que le fait de réclamer les résolutions 1559-1680-1701 risque de n’être entendu par personne. A moins d’évènements ou de bouleversements majeurs imprévus.

La résistance au Hezb doit s’élargir et s’approfondir. Cela n’aura pas lieu si l’on continue à se détruire réciproquement les uns les autres.
Le gouvernement Mikati est là. On n’y peut rien.
Il est évident que c’est un gouvernement du Hezb comme tous les précédents.
Même un gouvernement Hariri aurait été celui du Hezb.
Faire un gouvernement avec une milice qui a assassiné tous les dirigeants du 14 mars et ceux d’après le 14 Mars, ou encore avec une milice responsable de l’explosion du port et de tous les trafics en Syrie qui nous ont mis à genoux, ne peut être qu’une concession de plus à l’Iran et à sa milice.
Une preuve toute simple et évidente : c’est quoi le 1/3 de blocage qui a empêché le dernier gouvernement du Hezb de se monter pendant presque une année ?
C’est tout simplement la concession offerte par le 14 Mars en 2008 sous les armes du Hezb après son coup d’Etat.
Ainsi Bassil et son représentant à la présidence ont tout simplement bloqué le Liban pour une concession obtenue sous les armes de la milice.
C’est une définition de ce que signifie Haute trahison.
Alors que le 1/3 de blocage ne fait même plus partie de l’attirail de Doha étant donné que dans ces accords il était spécifié que le 8 Mars ne pourrait plus faire tomber un gouvernement. Ils n’ont pas respecté cet aspect, donc tout les accords de Doha tombent à l’eau. Logiquement bien entendu.
Les Aounistes ont toujours été le parapluie du Hezb, leur feuille de vigne.

Doha est devenu synonyme de soumission des peuples aux extrémisme religieux, que ce soit à l’islamisme chiite du Hezb ou à l’extrémisme sunnite des Talibans, tous deux consacrés à Doha.
Des frères musulmans du Qatar il n’est rien advenu de bon pour le pays.
Le peuple afghan vient de l’apprendre à ses dépends puisque il a été vendu à Doha lui aussi. Je ne reproche pas aux USA d’avoir quitté leur pays car ils ont assez fait d’investissements pour aider les Afghans. Seulement la corruption des gouvernants afghans et celle de l’administration a empêché vingt années d’aide américaine d’aboutir à bâtir un pays.
L’armée afghane s’est effritée car la corruption des officiers, liée à celle des gouvernants, a découragé la masse des soldats dont le pouvoir d’achat était extrêmement réduit car les officiers détournaient une partie de leurs salaires.
Des ministres puis des officiers ont appris, deux jours avant la fuite du Président, que ce dernier l’avait préparée pour avant l’arrivée des Talibans. Alors toute la chaîne de commandement s’écroula. Puis les soldats, abandonnés, rejoignirent leurs villages ou bien les Talibans qui pardonnaient….


C’est le même phénomène qui a caractérisé la dislocation de l’Etat libanais. La corruption depuis la tête de l’Etat et des organismes de décision a gangrené tout le corps social jusqu’au dernier des fonctionnaires. L’Occident le voit bien.

En quoi le Liban diffère t-il de l’Afghanistan quant à la faiblesse de son armée traversée par tous les courants et au pouvoir d’achat réduit ?
Les Occidentaux l’ont compris lorsqu’ils veulent renflouer le budget de notre armée.

Le Qatar finance l’islamisme en Europe pendant que la soumission des peuples de la région à leurs dictateurs respectifs est consacrée à Doha.

Ce nouveau gouvernement est donc une ineptie supplémentaire dans la vie politique du Liban.
Comprenons bien que nous sommes dans un contexte déroutant.
Le retrait d’Afghanistan et l’abandon à lui-même du peuple afghan et des malheureuses femmes afghanes se traduit chez nous par des événements équivalents que nous sommes en train d’observer et de vivre.
Le rapprochement avec la Syrie correspond bien à ce contexte de recul des vœux populaires.
Certains ont relevé que les « accords de Damas » pour la circulation des énergies de Jordanie et d’Egypte vers le Liban ne pouvaient être seulement vus comme un forcing européen contre l’Iran pour « blanchir » notre fourniture énergétique, mais aussi comme ayant un effet collatéral de blanchir ou renflouer le régime de Bachar aux yeux de l’Occident, ce qui a permis à Wiham Wahab de se précipiter à Damas et d’y proposer son fils comme un futur ministre en guise de cadeau de mariage.
Mauvaise plaisanterie qui nous ramène à l’époque d’avant 2005.

Le Hezb et les Aounistes nous ont menés là où ils voulaient nous mener depuis 2005, chez Bachar, et aujourd’hui les nouveaux ministres pourront prendre le relai des mains des anciens et dire : Choucran Souriya, Choucran Nasrallah.
Les deux formations ont vidé le Liban de tous ses hydrocarbures par le trafic avec Damas et ont ruiné le secteur électrique aux mains de Bassil, et nous devons être satisfaits que l’on doive notre secours énergétique au complice de Bassil et Nasrallah, c’est à dire Bachar.
Nous remercions l’Egypte et la Jordanie évidemment mais la pilule est difficile à avaler.
Nous devrions remercier aussi khamenei pour les produits pharmaceutiques.
Voilà dans quelles contradictions les milices du 8 mars nous ont plongés.

Quitte à remercier Bachar, pourquoi les ministres ne mettraient-Ils pas sur le tapis (en tapant sur la table) le tracé des frontières maritimes car la Syrie a largement débordé sur un de nos carrés pétroliers, au même titre qu’Israel ?
Et pourquoi pas aussi la frontière terrestre que Bachar refuse de tracer ?
Pourquoi négocier avec l’ennemi Syrien et interdire toute négociation avec l’ennemi israélien ?
Quelle est le différence entre ces deux ennemis qui s’entendent parfaitement contre nous ?

Un véritable tueur en série devient le Président chiite de l’Iran, un autre tueur en série devient le Président chiite effectif du Liban, un troisième tueur de grande envergure devient le chef de l’État Taliban en Afghanistan.
Et les Occidentaux négocient, têtes baissées.

Et nous espérons obtenir les trois résolutions qui mèneraient l’Iran à annihiler le Hezb ?
Et nos petits misérables et insignifiants aounistes pensent sortir indemnes de ce nouvel ordre Moyen-Oriental ?
Ils nous ont entraînés en enfer avec eux et espèrent pouvoir jouer le rôle de Kapos au service de leurs nouveaux maîtres dont ils ont cultivé la dépendance pendant quinze dramatiques années pour le Liban.
Il nous reste à préparer les élections car notre voix ne porte plus.
Personne ne nous écoute.
Notre salut est entre nos mains seules.

Issal Saleh

Connais ton ennemi

Le parti qui représente l’Iran au Liban refuse de livrer l’un de ses membres tenu pour responsable de l’assassinat d’un ancien premier ministre, a assassiné un officier de l’armée libanaise en toute impunité en 2008, et est devenu, grâce à ses faits d’armes et son passif, le « usual suspect » naturel de l’étouffement de toute voix qui oserait s’opposer à lui.

Le parti qui représente l’Iran au Liban déclenche les guerres conduisant à un lourd bilan humain et matériel.

Le parti qui représente l’Iran au Liban défie l’Occident, se croit au-dessus des résolutions onusiennes et expose le pays à des sanctions internationales.

Le parti qui représente l’Iran au Liban a sapé l’économie libanaise par le trafic des matières premières subventionnées en dehors des frontières territoriales.

Le parti qui représente l’Iran au Liban déstabilise le secteur médical par l’introduction de médicaments iraniens non-agrégés ou conformes.

Le parti qui représente l’Iran au Liban a kidnappé la politique extérieure du pays, coupant toutes nos relations avec les pays régionaux et occidentaux, privilégiant l’ouverture vers l’Est.

Le parti qui représente l’Iran au Liban a mis en place une politique d’appauvrissement et d’asservissement des habitants, de sorte que l’acheminement d’une cargaison de fuel, lui donne le statut de Messie et de Sauveur, alors qu’il est l’une des causes principales des privations et blocus.

Le parti qui représente l’Iran au Liban dénigre tous ceux qui sont tombés pour le pays et n’auréole que ses combattants et alliés lesquels sont les seuls à jouir du statut de martyr.

Le parti qui représente l’Iran au Liban est le seul habilité à distribuer les titres de patriotes et de traitres suivant ses préceptes et doctrines.
Le parti qui représente l’Iran au Liban utilise les populations civiles comme boucliers humains pour protéger son arsenal.

Le parti qui représente l’Iran au Liban attise les tensions confessionnelles pour maitriser sa base populaire, laquelle est soit endoctrinée, soit tellement assujettie qu’elle n’a pas d’autre choix que de le suivre pour survivre.

Le parti qui représente l’Iran au Liban occupe le pays, militairement, politiquement et économiquement. Ce n’est que durant les dernières années qu’il a réussi à se développer grâce à un Pétain qui leur a accordé une couverture politique sans faille et à plusieurs Ponce Pilate qui ne s’opposaient pas à la politique d’expansion de ce parti-araignée tant que sa toile ne les ligotait pas.

Dans le passé durant les années 80, un slogan était tagué sur les murs « Sache qui es ton ennemi… ». Aujourd’hui, ce slogan est devenu une réalité bien amère. Le fait est, que même les pays occidentaux sur lesquels reposent nos espoirs de délivrance, accordent une place à ce parti sur l’échiquier politique : c’est bien plus qu’une réalité, c’est une fatalité.

Il est vrai que le Liban ne connait officiellement qu’un seul pays ennemi. Désormais, il y en a un autre officieux, tout aussi si ce n’est plus dévastateur…

Jawad Pakradouni

Le chemin de Damas des messies iraniens 

Autrefois tous les chemins menaient à Rome.
Aujourd’hui tous les tuyaux mènent à Damas.

Lorsqu’un assassin offre une dernière cigarette à sa victime, dit-on de lui que c’est un « bon assassin » ?

Lorsque les nouveaux rois aux particules ronflants, « Bachar de Damas » et « Khamenei de Téhéran », en récompense pour loyaux services aux nouveaux roitelets, « Aoun de Baabda » et « Nitrallah de Banlieue », offrent généreusement au peuple libanais, au bord de l’extinction physique et géographique, quelques tuyaux d’acier ou quelques lignes électriques de cuivre pour y transporter les produits d’une transfusion énergétique vitale, on ne remercie pas les bourreaux de ce peuple.
Ce sérum énergétique est un poison qui va, à petites doses, encore accélérer l’intégration par force du peuple libre du Liban dans le système économique et politique dictatorial de l’Iran.

Damas va contrôler les vannes des tuyaux sur la table d’opération, et l’hôpital sera construit ou réhabilité sur la propriété privée de Bachar.
Le titre foncier est au nom de « Mme 25.000.000$ de cadeau pour birthday » de Asma, la Zénobie qui n’a jamais résisté à rien pour mériter tout le luxe imaginable.

Zénobie de la période romaine défendit sa capitale Palmyre jusqu’à la mort.
Zénobie de Bachar s’y délecta d’y voir torturer et assassiner cent mille de ses sujets.

Alors on ne remercie pas Bachar et compagnie.
On les accuse d’avoir acculé ce peuple au suicide collectif en acceptant ces cadeaux empoisonnés qui vont encore plus sûrement l’entraîner dans la dépendance économique et politique organisée, planifiée et enfin exécutée par les maîtres à danser que sont les Ayatollah et leurs Gardiens de la Révolution islamique chiite duodécimale.

On ne remercie pas les bourreaux qui nous ont ruinés et assassinés, en nous ruant sur les restes d’un repas qu’ils nous jettent pour mieux nous défaire et jouir de leur victoire à la vue d’un peuple mis à genoux par la guerre des denrées alimentaires, puis des denrées médicales et enfin des denrées énergétiques.

Honte aux ministres qui sont allés embrasser les mains de ceux qui les ont portés au pouvoir sur les cadavres encore chauds de quatre millions de libanais !

Honte aux ministres qui ont cru se réhabiliter auprès d’un peuple les haïssant, en lui redonnant des miettes de ces produits qu’ils ont détournés pour s’enrichir et l’appauvrir, car leur enrichissement et notre appauvrissement sont bien là, les deux tranchants d’une même arme qui nous tue, les deux facettes d’une même médaille frappée à l’effigie du Aounisme et du Hezb : Zoulfikar version iranienne.

Honte au gouvernement pseudo-démissionnaire qui envoie une représentante du parti PSNS qui assassinat Bachir Gemayel, aux pieds de Bachar, l’ordinateur de l’assassinat.

Honte à ce gouvernement qui envoie un représentant du parti qui assassinat Hariri, le Hezb, aux pieds de Bachar, un des ordonnateurs de l’assassinat, pour lui mendier du sérum énergétique.

On leur dit, plutôt la mort que la honte de vos aumônes jetées en pâture à un peuple qui a vaincu dix armées d’occupation avant les vôtres.

Merci à l’Egypte et merci à la Jordanie.
Vous faites de votre mieux pour nous soulager de nos malheurs.
Messieurs USA, messieurs France, arrêtez d’utiliser des pansements pour bloquer l’hémorragie.
Le seul remède plausible à cette heure reste celui d’appliquer vos résolutions onusiennes votées aussi par la Russie.
Si cela est impossible, dites-le une bonne fois pour toute et nous saurons quoi faire dans l’avenir et nous réadapter à cette nouvelle situation internationale.
Des millions d’hommes peuvent dégager des milliers de miliciens.

Issal Saleh

“History is written by the victors”

“History is written by the victors”, Winston Churchill once said.
So what of Lebanon’s history? What about the part concerning the civil war and its actors in general and the Lebanese Forces in particular, as they commemorate today their martyrs’ day?
The Lebanese Forces were on the losing and eventually non-compromising (with the Syrian invaders and occupiers) side, and as such their history was written by their enemies. The 4th power, (media) managed to do far more reputation damage than the war and its excesses itself, and I was amongst those who were reading the wrong pages. Until I did my own research, my own investigations, my own readings of events. More often than not, it was first-hand accounts of events, learning from those who were there. Many were in the trenches, others in decision-making or consulting spots. Some, very few, in both.
The Lebanese resistance against the PLO and later the Syrian occupier, both of whom were bolstered by a significant part of the Lebanese population and the Lebanese army, started with disparate and boy-scout organized men and women, before morphing into a formidable army and its accompanying social services branch. They were of the “I shall not bow” kind, and indeed, they did not. Without going through the entire Lebanese civil war, and its aftermath, (or rather, continuation, considering it still has not ended, and will not end until we actually have “rule of law” imposed over the entire territory) I will say what even their previous enemies and opponents say now: Lebanon, without the sacrifice of 15,000 men and women, and the permanent disabling of ten times that number, would have ceased to exist.
What many people do not recognize, (especially amongst the “thawra” crowd) is that even now, and after the Hariri assassination and subsequent withdrawal of the terror Syrian regime forces, the LF’s martyrs-in-wait are what’s keeping Lebanon alive. Whether you like them or not, even if you hate them with a passion, (for some obscure personal reason that I urge you to review, or because you read the wrong pages: those written by their enemies) you must make peace with that fact: they are the ONLY obstacle between you and “Cancer Inc.” aka Party of God, and “Gangrene SAL.” the corrupt Sulta structure subjugated to Cancer Inc. They were free souls when they were jailed, gagged and beaten, and they will remain so forever. You need to ask yourself why. This month of September, when we honor the martyrs, is the reason why, from the very words (1994) of their then commander in chief, and now party president:
“We cannot compromise on our cause. We have dead comrades who fell in the field of honor, and we must honor their sacrifice. They fell for our freedom, and our freedom we will fight for. No matter the cost.”
They died so we can live, a free and proud life. Our pledge to our dead martyrs, our angels on over watch, is to go on. To only live free and proud. No matter the odds, no matter the cost.
And by God we shall. In this land of ours called Lebanon.
For this once, Mr. Churchill, History is written by the dead. The Lebanese Forces Martyrs.


Cedrus Tutela

Après l’Afghanistan…

Cela fait une semaine que je m’interroge sur le drame poignant visionné par le monde entier et montrant deux malheureux Afghans tombant de l’avion américain sur lequel ils s’étaient tout simplement installés, assis sur le renflement extérieur de la carlingue contenant les roues et pleins d’espoir et de reconnaissance d’avoir pu embarquer pour un monde meilleur grâce à la flotte aérienne du plus puissant pays du monde.

A l’époque d’internet ils pensaient pouvoir arriver à bon port 10.000 km plus loin.
D’autre part ils ne pouvaient avoir consciemment choisi un suicide par saut aérien car alors ils auraient eu plus de chance de survivre aux Taliban en restant bien ancrés sur le sol ferme.
Il me semble que la seule explication possible c’est qu’ils étaient tellement coupés du monde extérieur qu’ils ont dû tout simplement penser que le renflement était comme une bosse d’un dromadaire volant et qu’ils ont dû être très surpris d’en être désarçonnés un peu plus haut.
Eux aussi ont dû croire un instant avoir été trahis par les américains, sur terre comme dans les airs.

Pour être plus sérieux, il me semble que finalement le meilleur facteur de changements pour le bien-être des peuples maltraités, exploités et écrasés par d’immondes dictatures islamistes ou théocratiques ou encore militaires, ce sont les peuples eux-mêmes.

Les expériences de ce demi-siècle d’interventions humanitaires extérieures portant le flambeau de la démocratie et des libertés prônées par les pays occidentaux des XXème et XXIème siècle n’ont pas toujours été très concluantes.
Et ce d’autant plus que les pays de la démocratie et des libertés bonnes pour l’exportation ne peuvent rayer des populations civiles de la surface de la terre en prétendant vouloir les émanciper.
Comme Israël en 2006 : ils pouvaient rayer le Sud Liban mais cela allait à l’encontre des valeurs prônées.
Ils étaient fatalement limités dans l’intervention, donc condamnés à ne pas vaincre.
Comme à Gaza.

Malgré l’immense désir de voir une puissance quelconque écraser sous des tapis de bombes super létales les Gardiens de la Révolution iraniens et les associations d’Ayatollahs malfaisants et les Groupes d’intervention de Pasdaran se prenant pour des ONG élues de Dieu, sans oublier les usines de traitement d’uranium, comme ces derniers écrasent eux-mêmes les peuples d’Irak, de Syrie, du Yémen, du Bahreïn et du Liban, nous savons bien que tout cela ne mènera qu’à plus de destruction sans certitude de victoires qui délivreraient les peuples arabes (et phéniciens pour certains) de leurs bourreaux.

Pour revenir au Liban, le Hezbollah doit considérer aujourd’hui que la sortie négociée des américains en Afghanistan est la preuve que les fervents adeptes du Liban islamique où toutes les autres minorités seront acceptées et dhimmisées comme au bon vieux temps de la conquête du premier millénaire sont définitivement victorieux, au Liban comme ailleurs, et que ce petit pays n’est plus qu’une infime partie dans le nouvel empire perso-chiite.

L’intégration sociale, économique, politique et militaire au sein du nouvel espace géographique iranien est en train de se bâtir sur les cadavres encore fumants des secteurs bancaires, de la santé, des hydrocarbures et de tout le reste.
L’intégration militaire sera exactement le contraire de ce que l’on souhaitait pour notre pays : ce ne sont pas les dix ou quinze mille miliciens du Hezbollah qui vont être intégrés dans l’Armée nationale, mais les soixante-dix mille soldats et officiers de notre armée qui vont être intégrés dans la milice terroriste.

Comment croyez-vous qu’une armée de 300.000 Afghans a disparu à la vue de quelques dizaines de milliers de Taliban ?
Le plus probable c’est que cette armée officielle super équipée ainsi que ses officiers devaient être en majorité des Taliban déguisés et intégrés peu à peu dans une armée nouvelle (au départ de sa construction) en voie de formation.
Les Taliban ont dû envoyer s’enrôler de nombreux miliciens de leurs groupes et les USA payaient sans le savoir les salaires et l’armement de bataillons Taliban secrets.

Cela nous rappelle fortement nos pratiques locales au Liban où les Aounistes, les Amal et les Hezbollah ont eu tout le temps depuis 2005 de noyauter l’Armée avec leurs propres éléments, ce qui fait que sans le savoir nous payons les salaires des miliciens de ces trois organisations CPL-AMAL-Hezbollah de nos impôts. (Ne me dites pas que le CPL n’a pas de milice).
La passivité lors des coups d’Etat du Hezbollah et la passivité aux frontières doit bien s’expliquer d’une certaine manière car dire que le commandant suprême est le Président ne suffit pas étant donné que la guerre civile du 7 mai 2008 est du ressort direct de l’Armée, tout comme la protection des frontières, inclus le trafic et la circulation de milices terroristes comme celle du Hezbollah.

Il me semble que les USA et la France, en priorité, vont se mettre à réfléchir plus sérieusement sur le rôle des subventions apportées à l’armée libanaise dans le contexte d’un pays et d’un gouvernement dominés par le Hezbollah.
Leur expérience en Afghanistan avec l’armée afghane devrait du moins les pousser à faire une petite session de réflexion.

On peut lire dans L’Orient-Le Jour du 16 Octobre 1998 :
« …….Damas mise sur un président fort pour se rapprocher des chrétiens.
L’élection du général Emile Lahoud à la présidence de la République reflète un sincère désir du régime syrien d’ouverture en direction des chrétiens du Liban, assure une source bien informée.
Quant aux considérations qui ont incité le président syrien Hafez el Assad à favoriser l’élection du général Lahoud, elles sont les suivantes :

  • Le général a longuement été testé en tant que commandant de l’armée régulière, à ce poste il a fait toujours preuve de loyauté envers l’allié syrien et n’a jamais poignardé celui-ci dans le dos.
  • Emile Lahoud est convaincu de la nécessité d’étroites relations entre Etats voisins, et il cite volontiers les liens existants entre des pays tels que les Etats-Unis et le Canada.
    Par delà la complémentarité libano-syrienne, Lahoud sait gré à la Syrie d’avoir été le seul pays à offrir en quantité appréciables équipements, armement, munitions, appui logistique et entraînement à l’armée libanaise alors qu’elle était en cours de reconstitution.
  • La profonde aversion du général pour les milices, qu’il rend responsables de la destruction du pays, est appréciée au plus haut point par Damas.
  • Mais surtout la Syrie est sincèrement désireuse d’opérer une ouverture en direction des chrétiens du Liban, assure une source bien informée.
  • Les Syriens, poursuit cette source ont fini par se rendre compte que pour réussir, une telle percée implique la présence au palais de Baabda d’un président fort jouissant d’un degré appréciable de popularité, notamment dans les rangs des chrétiens. » (Fin de citation de OLJ).

Remplacez Lahoud par un général d’opérette actuel et remplacez Damas par Téhéran et enfin remplacez Hafez El Assad par khamenei et vous aurez la même situation aujourd’hui.
Et les mêmes promesses non tenues ou aversions transformées en alliance que les Aounistes ont fait subir au peuple libanais.

Nous continuerons à demander à l’ONU l’application des résolutions qu’elle a prises, 1559 et autres.
C’est notre droit et nous nous battrons par tous les moyens pour y arriver.
Le Hezbollah n’est qu’un appendice qui se prend pour une nation et un pays.
Nasrallah n’est qu’une grenouille qui se prend pour un bœuf.
Personne n’est fort en écrasant son peuple.
Personne n’a de légitimité dans la dictature.

Rien n’est perdu.
Ils se sont perdus.
Le peuple du Liban se réveille.
Bkerké s’est réveillée et hier l’annonce de la « Moutraniyé » pousse à être plus dans l’action et moins dans l’observation.
Nous utiliserons tous les moyens pacifiques mais nous ne nous laisserons plus éliminer comme depuis 2005.
Résister au Hezbollah par les urnes est une première étape, mais si la milice iranienne comptait sur ses armes pour détourner les élections ou changer le cours des choses, alors ils devront trouver en face d’eux un peuple prêt à mourir pour vivre.


Issal Saleh

Hommage à des camarades tombés dans l’oubli…

Ça faisait un moment que je voulais écrire sur ce sujet, mais c’est un sujet douloureux. Souvent nous n’aimons évoquer que les moments de joie et nous préférons oublier les périodes pénibles . Mais la situation est telle que ce n’est plus possible de ne pas en parler.

Je vais vous raconter l’histoire de ces quinquagénaires aujourd’hui, qui étaient dans leurs vingtaines en 1990, qui étaient étudiants et se battaient dans les rangs de la résistance.

C’étaient des jeunes qui étaient pleins de vie, et comme tout jeune de vingt ans, aimaient faire la fête avec leurs copains et ne rêvaient que de rencontres et d’un avenir meilleur. Pourtant ils ont décidé de tout sacrifier pour défendre leurs proches, leurs villages et quartiers, et préserver le peu de liberté qui restait.
C’étaient des jeunes qui allaient à leurs cours pendant les périodes de paix, et étaient sur les fronts pendant les périodes de guerre. Leurs week-ends ils les passaient souvent soit aux entrainements militaires soit à rattraper les cours auxquels ils n’ont pas pu assister, souvent leurs amis leur photocopiaient les leçons qu’ils révisaient seuls durant un cessez-le-feu et allaient juste passer les examens.
De temps en temps, quand la situation le permettait, ils faisaient la fête avec leurs copains, buvaient et dansaient plus que tout le monde car ils savaient très bien que ces moments étaient rares et ils devaient en profiter au maximum.
C’étaient des jeunes qui ont tout donné, leur avenir, leurs études, même leur vie, pour préserver celle des autres et construire un avenir meilleur à leur société.
Ils n’ont jamais attendu quoi que ce soit en retour, ni promotions, ni avantages, ni espéraient une pension ou une retraite, n’avaient pas de salaire, payaient leurs armes et leurs munitions souvent de leur poche.
Quand ils étaient avec leurs copains, souvent ces derniers ne savaient pas qui ils étaient, jamais ils n’ont fait un reproche ou une critique à un copain qui ne voulait pas se battre, jamais ils n’ont traité quelqu’un de lâche pour ne s’être pas battu. Ils se battaient et donnaient tout, discrètement, sans se vanter, sans faire de bruit. Très souvent, même leurs parents ne savaient pas de leur engagement.
La guerre finie, ils sont retournés à leurs études, et ont essayé, une fois leurs études terminées, de trouver un travail.
Mais leur société, pour laquelle ils ont tout donné, les rejette. Pas une seule entreprise ne veut les embaucher, quelques-unes les considèrent comme des criminels de guerre, la plupart craignent les représailles syriennes.
Ils étaient tout simplement bannis, vivant en marge de la société, n’arrivant pas joindre les deux bouts ou forcés à l’exil. Des milliers ont quitté, quand je vivais à Paris, plus de 700 taxis parisiens étaient des jeunes libanais issus des rangs de la résistance.
Aucun n’avait le droit de postuler un emploi public, aucun étudiant en droit par exemple n’a pu intégrer l’institut des études judiciaires, ou même pu accéder à n’importe quel poste administratif dans l’Etat. L’Etat pour eux était tout simplement interdit. Pire, plus de 5000 employés de l’Etat ont été limogés juste parce qu’ils étaient proches de la résistance ou avaient des amis dans la résistance.
Pendant ce temps leurs amis profitaient du rebond économique temporaire entre 1992 et 2000, prenaient de hauts postes dans l’Etat, dans les entreprises et les banques, faisaient de l’argent. Jamais ils ne leurs ont fait le moindre reproche, jamais ils n’ont eu un sentiment de jalousie. Tenaces et convaincus du bien-fondé de leur cause et de la nécessité d’être libre, ils ont continué le combat malgré toutes les souffrances. Ils étaient traqués, emprisonnés, kidnappés et assassinés, ont perdu beaucoup de leurs proches et amis.
Jamais un résistant n’a eu un objectif d’accéder à un poste que pour servir la cause, ces résistants se battaient sur les fronts et ce sont les partis politiques de l’époque, qui les critiquent aujourd’hui, qui prenaient toutes les positions importantes et la gloire ! Avant 2005 jamais un résistant n’a été nommé ministre ou même directeur général ! La résistance était en prison et traquée pendant 15 ans, ce sont sans doute les gens qui l’accusent aujourd’hui qui avaient les postes de responsabilité, et qu’ont-ils fait ?
Si nous sommes dans cet état aujourd’hui, si nous sommes au fond des abimes, c’est avant tout parce que notre société a rejeté le bouclier que constituait la crème de sa jeunesse.
Je me permets d’écrire ce texte car ça continue, car quelques charlatans continuent avec des slogans stupides comme Kellon ya3neh Kellon à saper les piliers de la société.
Non nous ne pouvons plus rester silencieux. Qui a le droit de juger qui ?
C’est le moment de l’union, nous ne pouvons plus supporter davantage  de divisions. C’est le moment de rejeter les charlatans qui insultent et divisent en permanence. C’est le moment de reconstruire cette société et son bouclier.
Que chaque personne, avant de juger, se pose une seule question : Qu’ai-je fait pour ce pays pendant tout ce temps qui me permet de porter un jugement sur les autres ?

Elie Hayeck

Le Hezb jusqu’à la mort du Liban.

Ce qui aurait dû choquer le plus les Libanais ces deux dernières semaines ce ne sont pas les mini-guerres aux stations d’essence entre chiites octane 98 ou chrétiens octane 95, ou bien les dépôts découverts comme par miracle par un ministre de la santé au haut de sa forme sous le haut-de-forme version turban de H. Kezbollah, ou encore le retour à l’âge de pierre de la civilisation libanaise prise sous l’enclume des Aounistes et le marteau piqueur du Kezbollah, ou encore le monstrueux marché noir de tous les produits subventionnés, ou encore l’injustice de la justice aouniste, ou encore les menaces non voilées contre Tarek Bitar par le représentant de la justice des Pasdaran au Liban, H. Nitrallah, ou encore une milice terroriste se transformant en compagnie d’importation d’hydrocarbures sans en référer à personne car le pays lui appartient, ou encore la mascarade des Premiers ministres qui défilent devant monsieur Zombie qui ne veut pas de tiers de blocage tout en l’exigeant…..etc…..

Non. Ce qui devait le plus nous choquer et nous révolter, c’est la chose suivante :
Vous avez tous écouté dans l’émission « Soukal Mouhrej » de Tony Khalifé la réponse de Habib Fayad, un des fanatiques du Hezb et de la main-mise iranienne sur le Liban, affirmant qu’il préférait la milice de la résistance islamique chiite à l’armée officielle libanaise car la milice seule peut protéger le Liban de l’ennemi extérieur alors que l’armée libanaise est faite pour s’occuper de l’ordre intérieur.
Exactement sa réponse ! Je n’ai rien inventé.
D’après cet ignoble personnage au service des mollahs, l’armée est vouée à jouer le rôle de gendarme.
Le chef suprême de l’armée libanaise, le locataire de Baabda, en fin de contrat de location, ne serait donc que le chef suprême de la gendarmerie.

La milice chiite annonce la couleur une fois de plus, cette fois par la bouche du second couteau Habib Fayad, sa conception de la Patrie, de la Nation, de l’unité d’un peuple : soumission totale à la milice iranienne des Pasdaran libanais.
On peut dire aujourd’hui que le fameux triptyque « Patrie, Armée, Résistance » auquel avaient adhéré plusieurs formations naïves ou imprudentes de l’ancien 14 Mars, a été transformé par H. Kezbo en un nouveau tryptique : « Iran, Province du Liban, Résistance islamique chiite ».

Les responsables du parti iranien n’ont plus aucune pudeur politique car ils se considèrent en territoire conquis, de Bint Jbeil à Tripoli en passant Nakoura et Jbeil.
Tout leur appartient, peuple et terres.
Comment une milice de quinze à vingt mille tueurs lobotomisés peut-elle dominer et écraser un peuple de plusieurs millions de contestataires qui refusent leur domination ?
C’est impossible et il faudra que nous leur montrions qu’ils nous ont sous-estimés.
Il faudra que nous leur montrions que notre désir de construire un Liban unique a ses limites, et que si toutes les communautés ou tous les groupes sociaux ou bien plus simplement si tout le peuple libanais n’est pas à la même enseigne, alors nous n’accepterons jamais de vivre sous la dictature d’une communauté, qu’elle soit chiito-iranienne ou maronito-dhimmienne ou autre.
Nous avons été patients.
Mais nous ne serons pas soumis.
Chaque chose en son temps.
La démocratie et les luttes électorales, c’est très bien, mais pas au prix de notre liberté et de notre indépendance.

Ce pays sera soit à tous soit il sera partagé, sous une forme ou une autre.
Il ne peut appartenir à une communauté ou un groupe contre toutes ou tous les autres.

Si les élections sont reportées, comme certains indicateurs le montrent actuellement, nous serons amenés à réévaluer la situation car le pacifisme deviendrait alors de la traîtrise au même titre que le fait de se soumettre à Bachar ou à Khamenei.
La résistance patriotique à la dictature chiite iranienne doit commencer pacifiquement mais ne peut être écrasée militairement.
Ce sera soit les élections démocratiques sous surveillance sérieuse (car le Kezb et les Aounistes vont chercher à trafiquer certainement quelques urnes comme ils l’ont déjà fait en 2018), soit nous prendrons notre avenir en main et déciderons seuls ce qui est bien pour nous, les souverainistes, les indépendantistes, les patriotes, les Libanais quoi.


Issal Saleh

La pluie de septembre, la conscience du danger et le prix de la liberté.

Septembre des martyrs est arrivé, flottant sur une vague de chaleur, une houle d’incertitudes, sous un ciel oppressant.
Il trempe ses extrémités dans les larmes des mères et le sang de leurs enfants martyrs.
C’est le mois de la pluie, de la conscience du danger et celle du prix de la liberté.
Ils sont partis vers le sacrifice ultime par convois entiers. Ils ont été fauchés par milliers par les faucilles de la haine et les desseins maléfiques des imposteurs.
Je les ai connus, je les ai aimés, je les ai enterrés, je les ai pleurés et je m’en inspire toujours.


Leurs fils grandirent et dépassèrent l’âge des pères le jour de leur martyre. Ils ne les connaissent qu’à travers des photos jaunies, qu’à travers les récits d’une mère, les histoires d’une grand-mère et le silence d’un grand-père à l’âme meurtrie. Il y a aussi les anecdotes des compagnons traînant à vie la lourde culpabilité des survivants.
Mes camarades martyrs,
Aujourd’hui un abîme sépare notre réalité de votre rêve, comme la terrible vallée des ombres de la mort.


Votre rêve était synonyme de vie, de joie, d’identité et de patrie.
Si vous voyez l’état du Liban d’aujourd’hui, de grâce détournez l’œil, car vous infliger une nouvelle douleur serait aussi cruel qu’injuste .
Vous êtes le phare alors que la patrie flotte au gré des vagues tel un bateau ivre. Le phare n’est pas à blâmer si le capitaine en détourne le regard et que le bateau risque de chavirer. Les caprices du capitaine incompétent sont plus périlleux que le vent et le courant réunis.
Comment une personne honnête et saine d’esprit peut-elle comprendre l’ingratitude, la trahison, le déni, dont nos martyrs ont été victimes au sein même de notre société?
Rarement dans l’histoire des sociétés humaines y a t il eu autant d’arrogance face au sacrifice ultime.
J’ai vu de mes propres yeux une jeune russe déposer le jour de son mariage son bouquet de mariée sur la tombe du soldat inconnu à Moscou.
Je contemplais à Paris les noms des résistants tombés pour sa libération.
L’enfant du martyr y est appelé « pupille de la nation », pupille désignant à la fois l’enfant mais aussi l’organe le plus précieux de l’oeil, à travers lequel on voit et on admire le monde.
Pourquoi une partie de notre société a-t-elle nié la valeur de ses propres martyrs et de leurs sacrifices? Pourtant ce sont ses enfants, ses martyrs, ceux de la patrie et de la nation et non pas ceux des Forces libanaises ou même de la Résistance libanaise exclusivement. Ils ont osé et agit, pour protéger une société menacée, un État qui a failli et un pays à la dérive. Ils voulaient
la vie pour la communauté, l’État et le pays au prix de leur propre vie. Ils ont perdu la vie sans obtenir la reconnaissance des leurs. Sans la reconnaissance de la société et l’adoption des sacrifices de ses enfants, il n’y a ni État ni patrie ni avenir.


Sont-ils morts pour rien?
Non, ils ne sont pas morts pour rien. S’ils sont morts pour rien cela signifie que nous vivons et que nous mourrons pour rien.
Le martyre est un héritage et si l’héritage est dilapidé c’est l’héritier qui est le perdant et non pas le donateur.
Il n’y a pas de place pour nos martyrs dans le jeu du pouvoir. Toute la place leur appartient dans le cœur, l’âme et les valeurs de la nation.
Ils sont l’étoile du Nord qui orne la voûte céleste et qui nous guide.
Ne vous reposez pas mes camarades. Tant que vous êtes éveillés nous le serons. Les peuples meurent dans leur sommeil.
Levez-vous et secouez la terre qui vous couvre. Appropriez vous nos voix, nos actes et nos consciences.
Colonisez nos esprits, habitez nos terres, le Liban doit vous ressembler et il n’y a que vous qui pouvez nous rassembler.
Vous avez vaincu la peur, la cruauté, l’espace et le temps.
Vous êtes les vraies pupilles de nos yeux et de nos âmes.
A travers vous on voit clairement un lendemain lumineux.

Pierre Bou Assi

Le mandat violent

Il a voulu faire croire qu’il était fort, courageux, qu’il libérerait le pays des forces armées étrangères, ferait régner l’ordre, tiendrait tête aux milices iraniennes et les obligerait à remettre leurs armes aux forces officielles,changerait tout et mettrait fin à la corruption. Il a voulu nous faire croire qu’il était une force de la nature, une montagne, un homme d’Etat, une chance exceptionnelle pour son grand peuple. Fort de ces slogans , il a vendu l’idée d’un mandat fort à un peuple exténué. Après un vide au sommet de deux ans et demi, violence exercée sur une nation,  il atteint le but de sa vie.

Alors qu’est-ce qu’une force et par extrapolation un mandat fort?
Une définition rapide du mot “force” en physique nous rappelle qu’une force se caractérise par: une direction, un sens, une intensité et un point d’application.
Sur le plan psychique, elle est considérée comme une force mentale, un état intérieur de paix et de courage, un rapport au monde qui permet l’avancement vers un objectif.
Au niveau politique, la force est morale ,en harmonie avec la loi et les droits de l’Homme. Elle permet le progrès et le changement.
Il est clair qu’à aucun moment il n’y a eu ,dans ce mandat qui se voulait fort, un sens, une planification ou une réelle volonté de changement. Même sous la pression internationale, aucune amorce d’un quelconque objectif d’utilité publique n’a été entrepris. 
La violence pour être légitime doit être exercée à l’intérieur des limites du droit et non pas être au service d’un pouvoir arbitraire. Cette dernière est immorale.  L’OMS la définit comme étant ” l’utilisation intentionnelle de la force physique, de menaces à l’encontre des autres ou de soi-même, contre un groupe ou une communauté, qui entraîne ou risque fortement d’entraîner un traumatisme, des dommages psychologiques, des problèmes de développement ou un décès “.

La violence est une agression. Elle commence par la parole, les discours diffamatoires,  complotistes ,semeurs de zizanie. Et elle se poursuit par des menaces franches contre un groupe ou des individus, des répressions ,guerres, assassinats pour enfin déboucher sur un authentique génocide.

Les appels à la haine depuis des décennies, la guerre d’élimination qui n’est en fait qu’une guerre d’épuration idéologique, l’alliance avec des armées illégales pour augmenter sa puissance et opprimer un peuple, le pousser à l’exil…font de ce mandat l’apothéose d’un parcours de plus de 30 ans de violences.

Nous survivrons à ce mal mais nos petits-enfants ne croiront jamais que nous ayons pu le vivre.

Sandra Khawam